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LA CHAPELLE SAINTE-ANNE :

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Les ruines de cette chapelle romane sont en fait l'ancienne église Saint Paul, construite au Xème siècle sur l’emplacement du monastère fondé par Paul-Aurélien, moine venu du Pays de Galles et détruit par les Vikings vers 878.

En 1185, cette église formait le prieuré de Bath-Paul dépendant de l'abbaye bénédictine de Saint-Melaine de Rennes. Au nord,de l'édifice une parcelle porte encore le nom ar Brioly, la maison du prieuré (Priol-Ti). Les quelques moines qui y résidaient, accédaient directement dans l'église par une porte toujours visible dans le mur nord. Au sud de l'église, les dunes recouvrent les tombes de l'ancien cimetière ainsi que les vestiges de la chapelle Notre-Dame de Pénity. Le nom de Penity vient de ''Pened-ti'', forme inversée de ''Pedenn-Ti'', la maison de prière.

L'église de Bas-Paul se compose d'une grande nef charpentée, flanquée de bas-cotés sur lesquels s'ouvraient cinq arcades portées par des piles carrées. Le cœur est terminé par une abside au-delà d'un transept. La voûte actuelle est plus tardive. Dans la travée nord s'ouvre une petite abside qui pourrait provenir d'un monument plus ancien.

Ce type d'architecture relève d'une tradition de l'époque carolingienne, ce qui permet de dater la construction du troisième quart du Xème siècle. La taille de l'édifice ne peut être attribuée ni à l'évêché de Léon, ni à l'abbaye Saint-Melaine qui n'avait pas les moyens d'un tel investissement dans une succursale éloignée. L'hypothèse la plus vraisemblable est donc celle d'un mécénat politique que l'on peut attribuer à Juhel-Bérenger, comte de Rennes, lorsque celui-ci avait établi sa cours à Lanmeur, de l'autre coté de la rivière de Morlaix.

Jusqu'au XVIème siècle, le prieuré resta sous le dépendance de l'abbaye Saint-Melaine avant de devenir le bénéfice simple d'un clerc séculier. A partir de 1684, les revenus du prieuré dépendent du séminaire de Léon. Ces revenus, importants, provenaient des baux de locations de toutes les terres de l'île ainsi que de nombreuses dépendances sur le continent.

Dès sa construction, l'église fut le principal lieu de culte pour la petite communauté insulaire. Statut qu'elle perdit progressivement avec le début de l'ensablement, dans la première moitié du XVIème siècle, et le déplacement progressif de la population vers le coeur de l'île.

En 1786, l'armée royale, contre la volonté de la population, transforme l'église en dépôt d'artillerie. En 1794, les archives mentionnent qu'elle sert de casernement aux troupes affectées aux batteries de l'est de l'île, jusqu'au jour où elles y mirent le feu en 1798.

En 1836, le recteur Jérôme Milin, propose de rebâtir l'église. Mais le projet, jugé trop cher, est abandonné. De plus l'église était susceptible d'être totalement submergée par les sables en peu d'années. Vers 1860, on s'avisa de désensabler le monument. Mais les travaux furent dirigés avec tant de maladresse qu'une partie de l'édifice s'effondra. L'abside encore en place fut alors transformée en oratoire dédié à sainte Anne.

Chaque année, le dernier dimanche de juillet les paroissiens viennent en procession célébrer la fête de saint-Anne, patronne de la Bretagne. Le samedi soir, un grand feu de joie est allumé dans la dune, et le dimanche matin la messe y est célébrée en plein air.

Les ruines sont classées Monument Historique depuis 1980.

 

GladEnez                     

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