LE PATRIMOINE NATUREL

 

Bien que de taille modeste, l'Île de Batz offre une richesse et une diversité de paysages. Les espaces naturels couvrent près du tiers de ce territoire insulaire très marqué par l'activité agricole.

A l'est comme au sud s'étendent les massifs dunaires en bordures de magnifiques et grandes plages. La végétation se caractérise par une pelouse plus ou moins rase dans laquelle s'épanouissent quelques touffes de chardon bleu ou panicaut des dunes – Eryngium maritimum, dont les racines profondes fixent la dune. Sa cueillette est interdite au niveau départemental. C'est également l'habitat des giroflées des dunes - Matthiola sinuata, aux petites fleurs roses violacées et des pavots cornus – Glaucium flavum, au feuillage soyeux, gris cendré et aux fleurs jaunes éclatantes. Au printemps, en quelques rares endroits, l'orchis pyramidale – Anacamptis pyramidalis, pointe ses cônes de fleurs roses. Cette orchidée est protégée et sa cueillette interdite. En été, la dune se couvre des chatons soyeux du lagure queue de lièvre – Lagurus ovatus, une graminée annuelle souvent associée à l’ail à tête ronde – Allium sphaerocephalum, aux fleurs rouge violacé. 

Sur le sommet de dunes battues par les vents, la végétation se fait plus rase. Dominent alors l’alysse maritime – Alyssum maritimum, le thym serpolet - Thymus serpyllum, le gaillet des sables - Galium arenarium et le poivre des murailles - Sedum acre, en tapis de fleurs jaunes d'or. L’alysse prend sur l’île des proportions assez impressionnantes, se développant le long des murs jusque dans le bourg. Ses fleurs blanches dégagent une forte odeur de miel. Dans les quelques zones rocheuses vers le bord de plage, le perce-pierre - Crithmum maritimum, colonise les fissures du granit.  Cette plante charnue a des feuilles épaisses au goût salé qui peuvent être confites dans du vinaigre. Sa cueillette est réglementée.

 

La partie ouest de l'île, plus rocheuse, offre un paysage de lande où domine l'ajonc – Ulex europaeus, dont la floraison jaune d'or éclaire la fin de l'hiver. Sur les roches se développent des tapis d'armerie maritime - Armeria maritima, aux petits oeillets roses au printemps entremêlés de touffes blanches de la silène maritime – Silene maritima. La pointe ouest est séparée du reste de l'île par une zone humide qui s'est formée avec le comblement d'un petit bras de mer et la formation au nord d'un imposant cordon de galets. Dans sa partie sud subsistent des cuvettes circulaires autrefois utilisées au rouissage du lin. Une opération qui consistait à laisser pourrir dans l'eau les tiges de cette plante textile pour en séparer les fibres. Le lin était jadis cultivé sur l'île pour la production de fils servant au tissage de toiles et de draps. Le reste de la zone humide est couvert de jonc et de scirpes qui offrent un abri de choix, à de nombreuses espèces d'oiseaux, canards colverts, tadornes de Belon, poules d'eau, bécassines des marais. Des oiseaux que l'on retrouve également aux abords des trois mares artificielles creusées pour les besoins de l'agriculture.

 

L’avifaune est surtout dominée par les espèces marines avec en tête le goéland argenté avec la pointe de ses ailes noire. Il nidifie au printemps directement sur le bord de la côte. Ses oeufs, tachetés se camouflent parfaitement, tout comme les petits avec leur plumage mêlant le brun, le beige, le gris et le blanc.  Dans le chenal le cormoran utilise les rochers pour sécher son plumage noir après chacun de ses plongeons. Sur l'estran, aigrettes, courlis, hérons cendrés fouillent sables et vases à la recherche de coquillages ou de petits crustacés.

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